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Je l’ai fait pour toi Laurent Scalese, Belfond - L'Ecume des livres
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L’Écume des Livres / Thrillers  / Je l’ai fait pour toi
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Je l’ai fait pour toi

Je l’ai fait pour toi, Laurent Scalese, Belfond, 22 septembre 2016.

Je l’ai fait pour toi

Présentation de l’éditeur :

Première loi :

le crime parfait existe.

Deuxième loi :

le criminel parfait n’existe pas.

Troisième loi :

l’enquêteur doit donc concentrer ses efforts non pas sur le crime, mais sur le criminel.

Bienvenue à Lazillac-sur-Mer, dans l’univers du commandant Samuel Moss dont les armes sont le charme, la séduction et l’art du détail : rien ne lui échappe, que ce soit sur une scène de crime ou au quotidien.

Cette histoire débute quand la romancière à succès Jade Grivier est retrouvée morte chez elle, dans son bureau, suicidée. Après avoir inspecté les lieux, à sa façon, Samuel Moss conclut qu’il ne s’agit pas d’un suicide mais d’un homicide, dont il identifie immédiatement le coupable.

Le plus compliqué, maintenant, pour Samuel Moss, est de comprendre comment le meurtrier a procédé et de prouver sa culpabilité, avec élégance bien sûr, et surtout sans salir ses nouvelles chaussures sur la plage de Lazillac…

 

Mon avis :

Je l’ai fait pour toi, le nouveau roman policier de Laurent Scalese est une machinerie d’une grande précision, pilotée de main de maître par un écrivain au sommet de sa forme. Avec talent, humour et une pincée de cabotinage, il happe le lecteur dès les premières lignes, fluides et d’une déconcertante facilité de lecture, dans une intrigue pourtant d’une grande complexité. Entre en scène le Commandant Samuel Moss, criminologue maniaque, précieux pour les uns, exaspérant pour les autres, un enquêteur hors pair, appelé uniquement pour les cas les plus épineux, les crimes parfaits… enfin presque parfaits. Car comme le disait Friedrich Nietzsche : « Le diable est dans les détails. ». Jade Grivier, auteur de best-sellers, vient de mettre fin à ses jours dans son hôtel particulier de Lazillac-sur-mer, en Normandie. Comme elle avait tout pour être heureuse, amour, gloire et fortune, la Divisionnaire Elvire Duteil a un doute. Elle met donc Samuel Moss sur l’affaire afin de déterminer s’il s’agit bien d’un suicide ou d’un meurtre maquillé. Elle en profite pour lui annoncer que sa nouvelle coéquipière l’attend déjà sur place. Pour Samuel, électron libre forcené, une seule solution, l’ignorer. Après une inspection minutieuse des lieux et un entretien avec Morgane, la belle-fille de Jade, il prend tout le monde de court ; pour lui, il n’y a pas de doute, c’est un homicide.

 

On sent que Laurent Scalese s’est régalé à mettre en place son personnage. Policier atypique, spécialisé sur les crimes qu’on dit parfaits, les plus difficiles à élucider, ceux qui ont été minutieusement orchestrés, savamment réfléchis et froidement exécutés. Il enseigne à ses étudiants à l’Institut de criminologie et de droit pénal de Lazillac que le crime parfait n’existe pas, pas plus que le criminel parfait. Subjugués par sa fougue, son intelligence et sa pédagogie parfois spectaculaire, ses élèves ne manqueraient pour rien au monde un de ses cours, quand ils ne lui font pas des standings ovations ! Malgré son côté fantasque, à la scène comme à la ville, Samuel Moss possède toutes les qualités du gendre idéal, la galanterie, l’humour, les bonnes manières, des conseils avisés. Tout cela ne l’empêche pas d’être totalement névrosé. Il lutte en permanence pour ne pas tout ranger, ne pas tout trier par ordre alphabétique, il a un côté Monk.

 

Grâce à son œil aguerri, son analyse du comportement, son instinct et son obsession du détail, il comprend immédiatement qui est le meurtrier de Jade Grivier. Protégé par sa Divisionnaire, il entame une enquête à rebours, où il détricote le processus suivi par l’assassin, tout en apprenant à apprécier et à travailler avec sa nouvelle coéquipière, le Capitaine Cheyenne Calvera. Ses investigations les conduisent dans les couloirs de l’édition qu’il dépeint avec humour et causticité ; le lecteur repèrera facilement quelques clins d’œil. Dans l’entourage de la victime, tout le monde a des alibis solides. N’ayant pas cours au moment du drame, Morgane, la belle fille de la victime était bien sagement dans sa chambre à l’étage ; Lydia Brunel, sa directrice éditoriale était dans son bureau au siège des éditions Janus, quant à Bernard, le veuf éploré et PDG des éditions Janus, il participait à un repas d’affaire. Si un détail ne lui avait pas mis la puce à l’oreille, le crime aurait été parfait, mais c’était sans compter sur Samuel Moss. Il ne lui reste plus qu’à comprendre le mobile du crime et le modus operandi de l’assassin. Comme une araignée qui tisse sa toile, il lance ses fils, apparemment au hasard, brouillant les pistes, déstabilisant tous les protagonistes de l’affaire, jouant sur leurs faiblesses, les poussant dans leurs retranchements, pour amener enfin l’assassin à commettre des erreurs. Ne reste plus qu’à le confondre dans une scène digne d’Agatha Christie. Finalement, qu’importe ce que disait Friedrich Nietzsche, ce qui compte c’est ce que dit Laurent Scalese : « Le génie réside vraiment dans la simplicité ».

 

En plus :

Un dernier détail, puisqu’ils comptent. L’auteur indique tous les morceaux qu’écoutent ses personnages. On entend ainsi dans le roman, dans l’ordre : Long Tall Sally de Little Richard, I Got a Woman de Ray Charles, Summertime Blues d’Eddie Cochran, un bon CD de Billy Joel, Broken Wings de Mr. Mister, Space oddity de David Bowie, et Hello de Lionel Richie.

N’oublions pas également que Samuel Moss recommande un film à ses étudiants au début du roman, on ne sera pas surpris, il s’agit du Crime était presque parfait d’Alfred Hitchcock.

D’ailleurs Je l’ai fait pour toi est plein de références à la littérature, au cinéma et aux séries télé, tout ce qu’aime Laurent Scalese.

Stephane Manfredo
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