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Le Cimetière des Chimères de Elena Piacentini - L’Écume des Livres
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L’Écume des Livres / Thrillers  / Le Cimetière des chimères
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Le Cimetière des chimères

Le Cimetière des chimères, Elena Piacentini, Pocket, 8 septembre 2016

Première édition, Au-delà du raisonnable, 27 juin 2013

 

Le Cimetière Présentation de l’éditeur :

Lille, cimetière de l’Est. Alors qu’on enterre l’entrepreneur Franck Bracco, trois coups de feu résonnent dans l’air enneigé. Bilan : un mort — le rédacteur en chef des Échos du Nord — et un blessé — un ponte de l’immobilier. Deux notables. Et deux francs-maçons, probablement. Pour le commandant Leoni et son équipe de la PJ, c’est le début d’un bras-de-fer avec les puissants de cette ville, décidés à se serrer les coudes… ou, à l’heure où fantômes du passé et chimères ressurgissent des caveaux, à s’entredévorer…

 

Mon avis :

Le Cimetière des chimères est la cinquième enquête du commandant Pierre-Arsène Leoni, un policier Corse taciturne qui officie sur une autre planète, la PJ de Lille. Comme beaucoup des enquêteurs de la littérature d’aujourd’hui, c’est un homme meurtri. Sa dernière épreuve, la mort en couche de sa femme quelques mois plus tôt. Heureusement, Mémé Angèle, sa grand-mère, un petit bout de femme haut en couleur qui a toujours une expression corse à la bouche, s’est installée chez lui pour s’occuper de sa fille. Si Leoni a réussi à tout surmonter, les zones d’ombre de son passé se rappellent parfois à lui. Ce qui fait la force des romans d’Elena Piacentini, c’est son talent pour construire des intrigues très complexes, mais d’une grande facilité de lecture ; le lecteur ne s’y perd jamais. Dans Le Cimetière des chimères, le récit alterne entre deux époques. C’est d’abord 1989 où Nathalie et Milutka, deux adolescentes que tout sépare, sont unies comme les doigts de la main. Un drame couve, inexorable. Il fera basculer leurs vies et n’est pas sans rapport avec l’histoire principale, l’enquête du commandant Leoni vingt ans plus tard. Elles deviennent femme au fil de leurs apparitions qui ponctuent l’avancée de l’enquête. Et puis c’est 2009, dans les somptueux décors ouatés par la neige du Nord, une chape blanche qui accentue l’ambiance noire du roman. Hervé Podzinski, le rédacteur en chef des Echos du Nord est abattu lors de l’enterrement de Franck Bracco, un jeune chef d’entreprise qui s’est suicidé. Vincent Stevenaert, un promoteur immobilier prospère, également venu lui rendre un dernier hommage, est légèrement blessé. Si elles se connaissaient, les deux victimes n’ont pas grand-chose en commun, voilà de quoi intriguer Pierre-Arsène Leoni. Qui était visé ? Qui en voulait à qui ? Etait-ce le journaliste médiocre qui ne faisait jamais de vague, le riche et influent promoteur immobilier, franc-maçon de surcroît, ou une conséquence du suicide de Franck Bracco ? Commence alors le travail de la police, minutieux, laborieux, car il n’y a aucun témoin, à part un chat dont il va falloir prélever l’ADN au cas où il aurait griffé le tireur venu envahir son territoire ! Efficace et instinctif, n’hésitant pas à se comporter en électron libre, le commandant Leoni reçoit l’appui du procureur Danielle Arzilagne, qui flaire aussi une affaire. Surtout quand le capitaine Maria Galeano, de l’Office Central de la Répression de la Grande Délinquance Financière s’invite à Lille ; une porte s’entrebâille sur les pratiques troubles du monde des affaires.

 

On retrouve tout Elena Piacentini dans ce roman. Corse vivant à Lille comme son personnage, elle nous ouvre les yeux sur le monde, bien plus complexe qu’on ne le croit. Le thème de ce livre, c’est la cupidité. Celle de promoteurs immobiliers de 1989, celle des businessmen d’aujourd’hui, tous hommes de pouvoir, carriéristes pour certains, dangereux pour d’autres. Seule la foi en la justice, incarnée par Pierre-Arsène Leoni et son équipe, peut s’opposer à la cupidité. Dans ce roman rythmé, à l’écriture très travaillée, parfaitement maîtrisé, l’auteure entremêle plusieurs intrigues, mélange les époques, alterne les points de vue, multiplie les fausses pistes dans les rigueurs du Nord enfoui dans la neige. Mettant l’accent sur la psychologie des personnages, elle donne une place importante à la vie privée du commandant, sa fille, sa grand-mère, sa liaison avec Eliane Ducatel, le médecin légiste. En montrant ses fragilités, elle lui donne de l’épaisseur, en fait un personnage attachant et humain. Avec un talent certain, Elena Piacentini se fait une place, au fil de ses romans, dans le paysage du roman policier français.

 

Ce roman a remporté en 2014 :

  • le Prix Calibre 47 de Polar’encontre
  • le Prix Soleil noir de Vaison-la-Romaine

 

Voir la page d’ Elena Piacentini sur Babelio

 

Stephane Manfredo
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