Haut
Les Contes défaits, Oscar Lalo, Belfond, collection pointillés
fade
4268
post-template-default,single,single-post,postid-4268,single-format-standard,eltd-core-1.1.1,flow child-child-ver-1.0.0,flow-ver-1.3.6,,eltd-smooth-page-transitions,ajax,eltd-grid-1480,eltd-blog-installed,page-template-blog-standard,eltd-header-vertical,eltd-sticky-header-on-scroll-down-up,eltd-default-mobile-header,eltd-sticky-up-mobile-header,eltd-dropdown-default,wpb-js-composer js-comp-ver-5.1.1,vc_responsive
L’Écume des Livres / Contemporaine  / Les Contes défaits
Les Contes défaits

Les Contes défaits

Les Contes défaits, Oscar Lalo, Belfond, collection pointillés, 25 août 2016

Les Contes défaits

Présentation de l’éditeur :

Peau d’âme, noire neige, le petit poussé… Il était zéro fois… c’est ainsi que commencent Les contes défaits.

L’histoire est celle d’un enfant et de l’adulte qu’il ne pourra pas devenir.

Je suis sans fondations. Ils m’ont bâti sur du néant. Je suis un locataire du vide, insondable et sans nom, qui m’empêche de mettre le mien. La page reste blanche car tout ce qui s’y inscrit s’évapore.

Sans rien dire jamais de ce qui ne se montre pas, loin de la honte et de la négation, Oscar Lalo convoque avec ses propres mots, pourtant universels, la langue sublime du silence…

Et c’est en écrivant l’indicible avec ce premier roman qu’il est entré de façon magistrale en littérature.

Mon avis :

On découvre au fil des pages l’enfance du narrateur. A 65 ans, il raconte dans un journal intime ses années en colonie de vacances. Il mène son enquête, expose des faits. Ce court roman en 79 chapitres, son premier roman, c’est aussi l’histoire d’un homme qui, d’une plume poétique, décrit les bleus de l’âme et qui cherche à se reconstruire. Oscar Lalo nous parle avec justesse et délicatesse des sujets sensibles que sont la pédophilie, les abus sexuels et la maltraitance. La pudeur de ses mots, la subtilité de son texte, transportent le lecteur dans un pays d’où il ne pourra revenir indemne. C’est d’abord le premier départ d’un enfant de dix-huit mois, une petite main abandonnée sur le quai d’une gare et confiée à d’autres. Cette colonie réputée, ce « home d’enfants » dirigé par un couple ambigu, tortueux, où il ira à chaque vacances scolaires. La directrice brime les enfants, utilise la peur, la punition et la maltraitance à la perfection, les déshumanisant, bafouant leur candeur. Les parents l’ont-il soupçonné ? Et puis il y a son mari « l’homme d’enfants » qui semble gentil avec eux, mielleux, qui tutoye leur vulnérabilité, les caresse, les touche, les défait pour qu’ils ressortent en pièces détachées. Il brise, casse et sème au vent l’innocence d’une enfance volée, la perte d’une insouciance où seuls les mots pourront panser. La plume est sobre, travaillée, on ne peut plus subtile. Le texte est très beau, les mots y effleurent les maux, s’appellent, se répondent en écho.

 

Dans Les Contes défaits la violence est suggérée, jamais imposée. Il y a ce silence bouleversant qui permet au lecteur de reprendre son souffle. Oscar Lalo nous parle de l’indicible, de l’inacceptable. Il nous conte l’histoire de cet homme qui n’est coupable de rien et de son envie furieuse de s’autoriser enfin à aimer.

Stephane Manfredo
Pas de commentaires

Laisser un commentaire