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Les Plieurs du temps T.1 : Robin à la dernière seconde de Manon Fargetton - L’Écume des Livres
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L’Écume des Livres / Littérature jeunesse  / Les Plieurs du temps T.1 : Robin à la dernière seconde de Manon Fargetton

Les Plieurs du temps T.1 : Robin à la dernière seconde de Manon Fargetton

Les Plieurs de temps T.1 : Robin à la dernière seconde, Manon Fargetton, illustrations de Noëmie Chevalier, Rageot, 31 mai 2017

A partir de 9 ans

 

Présentation de l’éditeur :

Robin est un Plieur de temps. Grâce à son horloge magique, il peut arrêter le temps. Mais suffit-il d’avoir un super-pouvoir pour devenir un super-héros ?

Mon avis :

Début de la nouvelle série jeunesse de Manon Fargetton, Les Plieurs de temps, Robin à la dernière seconde est un roman attachant et intelligent. S’il est publié en même temps que Anthony a cinq minutes près et que les deux livres peuvent se lire dans n’importe quel ordre, il est malgré tout plus intéressant de commencer par Robin à la dernière seconde. Après des débuts précoces avec Aussi libres qu’un rêve en 2006 a à peine 18 ans, Manon Fargetton est aujourd’hui bien installée dans le paysage de l’édition pour la jeunesse, la plupart de ses livres ayant emporté l’adhésion du public et collectionné les prix ; son incursion dans l’édition adulte a été également très remarquée, L’Héritage des Rois-Passeurs, le premier tome de son diptyque de fantasy publié chez Bragelonne a remporté en 2016 le prix Imaginales du meilleur roman francophone, ce n’est pas rien !

Alors qu’il joue avec ses sœurs dans le grenier de ses grands-parents, Robin découvre la cachette idéale, une vielle horloge. C’est alors que sa vie bascule ! Car l’horloge lui donne le pouvoir d’arrêter le temps. Commence alors un de ces récits attachants auxquels nous a habitué l’auteure. Mesurant toutes les possibilités de son pouvoir tout neuf, Robin va en user et en abuser, d’abord pour se sortir de mauvais pas et aider ses proches, mais aussi pour tricher avec les autres, menaçant de briser le subtil équilibre de l’amitié. C’est en en prenant brutalement conscience qu’il mesure les limites de son pouvoir. Car Robin n’a rien d’un héros. Peu sûr de lui, gentil, peureux, parfois victime d’Anthony, la brute de l’école, il n’a qu’un ami, Charly, qui est tout son contraire. Bref, un garçon ordinaire, le portrait craché d’une bonne partie des lecteurs de ce roman ! On peut lui reprocher de manquer un peu de consistance, mais l’auteure aime jouer sur les contrastes entre ses personnages et le problème se règlera de lui-même dans le deuxième volume de la série, Anthony a cinq minutes près.

Derrière le scénario somme toute classique de Robin à la dernière seconde, de petites manipulations pour modifier le temps, Manon Fargetton nous livre une histoire originale et très pertinente. Si en arrière plan se dessine une réflexion sur l’amitié, le courage, l’agressivité et la méchanceté, le mystère de l’horloge tient le lecteur en haleine. Pourtant, l’auteure ne met l’accent ni sur le pouvoir de Robin ni sur les prouesses qu’il réalise grâce à lui, mais se focalise sur ses conséquences. Arrêter le temps, quelle qu’en soit la raison, n’est jamais sans effet. Jouant sur le potentiel des thématiques de la science-fiction, qui invitent à un discours sur le monde à travers une approche symbolique du réel, l’auteure pose de grandes questions, de celles que se posent les adolescents, ici la responsabilité. Elle le fait sans tomber dans le traitement grandiloquent auquel nous ont habitué les films de super-héros où on nous assène qu’un grand pouvoir entraîne une grande responsabilité. Pas du tout. Ce livre est l’occasion de mettre en scène la question de la responsabilité chez un jeune adolescent, parce que toute action a ses conséquences. A travers cette prise de conscience, c’est de l’arrivée de la maturité que nous parle l’auteure. Après l’exaltation de la découverte du potentiel de son pouvoir, Robin est contraint de réfléchir aux conséquences de ses choix, des conséquences qui vont affecter son présent mais également toute sa vie. Conseillé par le Plieur de temps qui a utilisé l’horloge avant lui, ces questions bien adultes vont le faire murir. C’est bien la fin de l’enfance qui est en jeu dans Robin à la dernière seconde. Faire des choix, en comprendre les conséquences, voir le monde tel qu’il est et non plus tel qu’on l’imagine, c’est grandir. Conscient de devoir peser le moindre de ses actes, face aux nombreux choix qui s’offrent à lui dès qu’il veut arrêter le temps, Robin accède petit à petit à la maturité, ce faisant, il s’implique dans la vie et quitte l’enfance.

Le livre est également un très bel objet. La maquette soignée, les très belles illustrations de Noëmie Chevalier, une des illustratrices qui comptent aujourd’hui, tout est fait pour ce que roman léger et très agréable qui accompagne la métamorphose des jeunes lecteurs qui quittent l’enfance séduise durablement son public.

 

 

 

Stephane Manfredo
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