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Quelques minutes après minuit, Edition du film, Patrick Ness
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L’Écume des Livres / Littérature jeunesse  / Quelques minutes après minuit

Quelques minutes après minuit

Quelques minutes après minuit, Edition du film, Patrick Ness, illustré par Jim Kay, traduit de l’anglais par Bruno Krebs, Gallimard Jeunesse, 21 novembre 2016

A partir de 10 ans

Quelques minutes après minuitPrésentation de l’éditeur :

Depuis que sa mère est malade, Conor redoute la nuit et ses cauchemars. Quelques minutes après minuit, un monstre vient, qui apporte avec lui l’obscurité, le vent et les cris… Le roman original de Patrick Ness, magnifiquement illustré par Jim Kay et récompensé par les plus grands prix littéraires (dont le Prix Imaginales 2013, le Jugendliteraturpreis 2012 et la Carnegie Medal 2012). Une histoire bouleversante qui sait toucher le cœur des lecteurs de tous âges. Découvrez également la grande aventure du film : interviews des acteurs (Liam Neeson, Sigourney Weaver…), témoignage du réalisateur J.A. Bayona, révélations sur la création du monstre et les effets spéciaux, photographies et dessins inédits… Une édition exceptionnelle qui dévoile les coulisses du tournage.

Mon avis :

Gallimard jeunesse a eu l’excellente idée de rééditer Quelques minutes après minuit, le magnifique roman de Patrick Ness publié en 2012, pour accompagner son adaptation au cinéma, sortie le 4 janvier 2017 dans notre pays. Une édition de poche, et une édition luxueuse, superbement illustrée par Jim Kay, accompagnée du making of du film. Quelques minutes après minuit, c’est d’abord une idée originale de Siobhan Dowd, l’auteure irlandaise de Sans un cri, La Parole de Fergus, Où vas-tu Shunshine ou encore L’Etonnante disparition de mon cousin Salim, tous romans à découvrir chez Gallimard ; malheureusement elle-même emportée par la maladie à 47 ans. C’est Patrick Ness, qu’on connaissait pour La Voix du couteau, une trilogie de science-fiction âpre, qui fait de son idée originale un roman bouleversant, où il joue pleinement du potentiel symbolique de la littérature fantastique. Il nous raconte donc la pénible histoire de Conor O’Malley, un garçon de 13 ans, face à la maladie de sa mère, en phase terminale. Incapable de l’affronter, encore moins d’admettre son état, sa vie ne fait qu’empirer. A l’école, aucun adulte n’ose plus rien lui dire par compassion, tandis qu’il devient le souffre douleur des caïds de la cours de récréation, un terrible cauchemar ne lui laisse aucun répit, revenant inlassablement nuit après nuit, son père parti refaire sa vie aux USA est en dessous de tout, quant à sa grand-mère, chez qui il doit aller vivre, ils sont en conflits ouvert car elle n’est que douleur et contrôle, quand il faudrait qu’elle donne de l’amour à son petit-fils, tout autant bouleversé qu’elle. Mais le pire n’est pas encore là. Maintenant, c’est un monstre qui vient le visiter le soir, quelques minutes après minuit. Et pas n’importe quel monstre, pas une de ces médiocres créatures issues de l’imagerie télévisuelle actuelle, non, un vrai monstre, un monstre qui hante nos campagne depuis le plus lointain passé, un monstre colossal, un monstre qui sème la terreur, un monstre destructeur, un monstre dévorant, et qui va lui mener la vie dure. Le monstre n’est rien d’autre que le vieil if du jardin, l’arbre juste en face de sa fenêtre, qui a toujours été là et qu’il a toujours vu. S’installe alors entre eux une étrange relation fondée sur le dialogue. Car l’if ne vient pas pour le terroriser, bien au contraire. Comme dans les contes merveilleux, il vient pour lui raconter trois histoires en échange d’une quatrième, l’histoire la plus secrète de Conor, celle qui le hante sans qu’il ose l’affronter, et que le garçon devra lui raconter. Bien sûr réticent, Conor n’a pas d’autre choix que d’écouter les histoires du monstre, venues des temps anciens, apparemment sans aucun rapport avec sa vie. A lui d’en comprendre petit à petit la symbolique, qui bien sûr le concerne directement et l’amènera à faire face à la maladie de sa mère pour l’accompagner vers le tragique dénouement, qui aura lieu… quelques minutes après minuit… En jouant sur le potentiel symbolique de la littérature fantastique, Patrick Ness nous parle avec justesse de l’extrême déchirement que constitue la mort de sa mère pour un enfant, sans aucun pathos, mais avec une grande justesse et une grande tendresse pour son personnage. Ce roman d’une grande beauté est servi par la plume précise de l’auteur. Tout en mots simples, en phrases courtes, elle distille une charge émotionnelle absolument remarquable. Les superbes illustrations de Jim Kay en noir et blanc, contribuent à renforcer l’atmosphère de ce livre, entre noirceur et espoir. Ce magnifique roman est bien sûr à lire sans tarder, il fait déjà partie des grandes œuvres pour la jeunesse de ce début du XXIème siècle.

 

 

Stephane Manfredo
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